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La foudre

Publié le par Oxymore

Récemment, après les épisodes caniculaires de l'été, de violents orages se sont produits en France. Dans l'Aveyron, le 15 août 2026, un clocher a été frappé par la foudre.

Une vidéo a été postée par Georges Farjou sur Youtube: https://www.youtube.com/shorts/WtBPOKrQScc?feature=share

(capture de la vidéo)

(capture de la vidéo)

Le même événement s'est produit à Feyzin le 20 mai 1897. L'incendie déclenché par la foudre détruisit le clocher.

A l'origine, le clocher était en forme de pointe surmontée d'une flèche élancée, comme on le voit sur la photo ci-après :  

La foudre

Une photo, donc d'avant 1897, pour une carte postale qui appartenait à Robert Sublet, et qui fut reproduite dans le premier ouvrage de Georges Saunier, "Feyzin au passé simple". Jean Boachon en avait fait le croquis : 

 

 

Jean Boachon, artiste peintre, années 1990

Jean Boachon, artiste peintre, années 1990

L'orage s'était produit vers minuit. Mon grand-père, Noël Ayme, qui était chef de gare au PLM (*), fut à l'origine de l'alerte. Georges Saunier, illustre historien feyzinois, racontait dans ses causeries (années 1990) l'événement. 

"Noël Ayme donne l'alerte peu après minuit. Il gravit au galop la colline et réveille le curé, M. l'abbé Doytier, qui fait aussitôt sonner le tocsin, appel lugubre dans la nuit orageuse. Les habitants accourent et se mettent à l'oeuvre de leur mieux, sous la direction de M. Milliat maire, et de M. Mavel, garde-champêtre. Les moyens rudimentaires et les communications difficiles de l'époque ne facilitent pas les choses. Le public apprendra à qui a été empruntée la pompe de première intervention, avant l'arrivée des pompiers du dépôt de la rue Molière à Lyon, alertés par une dépêche expédiée. Les initiatives des uns et des autres, la progression du feu, les péripéties de la lutte, l'étendue et le montant des dégâts sont relatés avec moult détails." (rapporté par le journal Le Progrès du 13 avril 1994).

On n'avait donc pas pu sauver le clocher, qui fut entièrement détruit. Mon grand-père racontait qu'il avait vu les cloches fondre dans la fournaise, ce que nous disait notre mère chaque fois qu'elle évoquait ce souvenir.

Le clocher fut donc reconstruit, dans sa forme actuelle.

(*) C'est lui que l'on peut voir oeuvrer à l'arrivée d'un train en gare de Feyzin (il ouvre la portière d'un wagon), sur la photo de la bannière de ce blog (photo familiale, années 1900)

(photo de R.C.)

(photo de R.C.)

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Les taureaux s'ennuient le dimanche

Publié le par Oxymore

C. L. nous a signalé cet événement de 1955, un taureau qui déambulait dans les rues de Feyzin. Ce sont les archives du journal Le Progrès qui ont publié cela sur leur site (https://l.leprogres.fr/wtW) et sur leur page Facebook, uniquement des photos... insolites. Mais pas d'article, pas d'archive des pages du journal.

Donc on ne sait pas grand-chose sur cet événement. Il s'agit vraisemblablement d'un animal qui a quitté son pré (en 1955, il y avait encore des bovins dans les prés à Feyzin) et qui s'est dirigé jusqu'en haut de l'actuelle rue Hector-Berlioz, puis en passant par la rue des Razes jusqu'à la rue Fine (qu'on appelait aussi la "rue de Fine") où il semble que la belle bête ait été capturée (par qui ?) puis ramenée chez elle après son escapade.

Les taureaux s'ennuient le dimanche
Les taureaux s'ennuient le dimanche

On ne laisse pas se promener impunément un taureau dans les rues de Feyzin, et ce n'est pas un animal plein de tendresse... Aussi une chasse a été improvisée par les habitants pour ramener la bête à de meilleurs sentiments, et le taureau a terminé son équipée rue Fine.

Les taureaux s'ennuient le dimanche

Ici, le taureau est à hauteur du passage à niveau, en haut de la rue des Razes.

Mais qui a pris ces photos ? Mystère...

On a donc interrogé les sommités de Feyzin pour en savoir plus.

Voici la réponse de Dominique Bailly :

"J'ai montré à mon père. Il n'a aucun souvenir de cet évènement.

Sur une des photos on reconnaît le portail de la ferme Curty aux Razes (devenu parking).

Sur celle avec le passage à niveau, la maison la plus grande à droite, aujourd'hui disparue : maison Courbet. Celle de gauche, toujours existante, abritait le café d'Emile Bailly.

Pour lui [Pierre Bailly], l'endroit où l'animal a été maîtrisé serait rue Fine, dans l'impasse qui servait de cour commune et où résidaient Monnery et le grand père Bruno."

Les taureaux s'ennuient le dimanche

Photo prise en hauteur, mais d'où ? (et toujours, par qui ?)

Puis on a interrogé Marie-Paule Boria, qui a montré les photos à Jean-Paul L. "parce qu'il y a une photo prise pile devant le portail de Stéphane Curty, son grand-père ; et il se souvient très bien de cette histoire. Il était petit, il avait 5 ans, mais il s'en souvient... Je ne l'ai pas gardé, mais ça disait que c'était un article du Progrès et c'était daté de 1955."

Merci à tous qui nous racontent toujours des histoires étonnantes !

Et pour votre culture, les paroles de la chanson de Jacques Brel, Les Toros :

Les toros s’ennuient le dimanche
Quand il s’agit de courir pour nous
Un peu de sable, du soleil et des planches
Un peu de sang pour faire un peu de boue
Mais c’est l’heure où les épiciers se prennent pour Don Juan
C’est l’heure où les Anglaises se prennent pour Montherlant
Ah 
Qui nous dira à quoi ça pense
Un toro qui tourne et danse
Et s’aperçoit soudain qu’il est tout nu 
Ah 
Qui nous dira à quoi ça rêve
Un toro dont l’œil se lève
Et qui découvre les cornes des cocus 
 
Les toros s’ennuient le dimanche
Quand il s’agit de souffrir pour nous
Mais voici les picadors, et la foule se venge
Voici les toreros, la foule est à genoux
Et c’est l’heure où les épiciers se prennent pour Garcia Lorca
C’est l’heure où les Anglaises se prennent pour la Carmencita

Les toros s’ennuient le dimanche
Quand il s’agit de mourir pour nous
Mais l’épée va plonger, et la foule se penche
Mais l’épée a plongé, et la foule est debout
C’est l’instant de triomphe où les épiciers se prennent pour Néron
C’est l’instant de triomphe où les Anglaises se prennent pour Wellington
 
Ah 
Est-ce qu’en tombant à terre
Les toros rêvent d’un enfer
Où brûleraient hommes et toreros défunts 
Ah 
Ou bien à l’heure du trépas
Ne nous pardonneraient-ils pas
En pensant à Carthage, Waterloo et Verdun 
Verdun
 
Paroles de Jacques BREL
Musique de Jacques BREL, Jean CORTINOVIS, Gerard JOUANNEST
© EDITIONS JACQUES BREL - 1965
Les taureaux s'ennuient le dimanche
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Toujours les crues...

Publié le par Oxymore

Blog en sommeil depuis plusieurs mois...

Aussi, à la demande générale de notre Popole feyzinoise (Marie-Paule Boria), je m'attelle à la tâche pour vous (re)parler des inondations.

Les chaînes télé d'information en continu (entre autres) nous ont montré toutes ces inondations qui se sont produites en France cet hiver passé, avec des images marquantes et des drames personnels liés à ces crues inattendues.

L'Oust, en Bretagne, en janvier 2026 ( (©Le Ploërmelais, Actu.fr)

L'Oust, en Bretagne, en janvier 2026 ( (©Le Ploërmelais, Actu.fr)

Sur ce sujet, un de nos brillants spécialistes du Feyzin d'autrefois, C. L., a réagi ainsi: 

"Crues, pluies, inondations, le France se noie...

C'est terrible, au 21ème siècle, que nous en soyons réduits à ce genre de situation. Et pour cause : plus rien ne se fait correctement dans ce pays, plus de crédits pour tout. L'entretien souffre à tous les niveaux. Seuls les porteurs de micros de la télé et autres s'en étonnent. Sans évoquer bien sûr les réels soucis et leurs causes. C'est vrai, parler de la Station spatiale, c'est important, et cet argent dépensé n'aurait-il pas été plus utile ailleurs ? [on peut parler aussi de tout cet argent dépensé en missiles de guerre par les Américains, les Israéliens et les Iraniens... - note du webmaster].

Tout cela pour vous rappeler la vie de Feyzin il y a 70 ans, et pas seulement... La ville vivait en suivant les caprices de Sa Majesté le Rhône, fleuve magique avec plein de souvenirs..."

 

Collection personnelle C. L. (droits réservés)

Collection personnelle C. L. (droits réservés)

La crue du Rhône le 25 février 1957, photo prise du Chemin de Beauregard

 

 

 

Sur ce blog, vous pouvez lire (ou relire) quelques articles évoquant les crues mémorables du Rhône à Feyzin :

- articles datés 1/02/2009, 28/01/2010, 01/04/2018

et aussi 17/06/2009, 20/01/2012 

Vous pouvez accéder à ces articles en cherchant l'année sur la marge de gauche du blog, puis le mois.

En mars 2025, le journal Le Progrès publiait cet article, où il est aussi question des crues du Rhône, évoquées par ce "témoin direct du passé", Pierre Bailly :

Toujours les crues...
Toujours les crues...

J'ai trouvé cette affiche sur Internet (site Vieille France) :

Programme de la Reine-Mi-Carême, 24 mars 1892 “Splendid lyonnais Guignol”

Programme de la Reine-Mi-Carême, 24 mars 1892 “Splendid lyonnais Guignol”

Cela n'est pas sans rappeler :

1) que Guignol,  la marionnette de Laurent Mourguet, est née à Lyon

2) de lointains souvenirs de représentations du théâtre de Guignol décentralisé à Feyzin notamment ; en effet, nos instituteurs-trices nous conduisaient et nous installaient dans la salle des fêtes du Plateau, pour suivre les joyeuses aventures de Guignol, cognant allègrement avec son bâton la maréchaussée ! Et nous, enfants, en redemandions en criant aux apparitions des marionnettes qui se poursuivaient...

Photo du Suisse et Américain Robert Frank (1924-2019), Genève, 1945

Photo du Suisse et Américain Robert Frank (1924-2019), Genève, 1945

A noter qu'au même lieu, nous avions des séances de cinéma, et je me rappelle des films de Charlot ou de Laurel et Hardy, qui nous faisaient tordre de rire, et aussi des films d'Albert Lamorisse (Crin Blanc, Le Ballon rouge, Bim le petit âne) et aussi Le Cerf-volant du bout du monde (Roger Pigaut, 1958) et d'autres encore qui font partie aujourd'hui de ma culture cinématographique !

Laurel et Hardy conscits (The Flying Deuces, 1939)

Laurel et Hardy conscits (The Flying Deuces, 1939)

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Commerçants (suite)

Publié le par Oxymore

Mon article précédent a fait réagir au moins un lecteur assidu du blog, mon ami d'enfance Gérard, dont j'ai déjà parlé ici, qui habitait rue Fine, à moins de dix minutes de chez moi. Nous étions scolarisés ensemble à l'école primaire du Plateau. Alors Gérard m'écrit après la publication de mon article, en me disant qu' il l'a lu "encore avec nostalgie".

Voici, in extenso, son message :

"Quelques commerces avant 1962, date à laquelle j'ai déménagé pour St Fons.

En sortant du jardin, sur la Grande Route des Razes [la rue des Razes]  :

Monsieur GARABEDIAN le coiffeur, avec sa tondeuse manuelle et son grand rasoir à manche (impressionnant !) [il avait remplacé le père Bazin, déjà évoqué ici, qui me coiffait quand j'étais petit, et j'avais horreur de ce "supplice"...].

Madame DUCAROUGE,  l'Economique [nom du magasin], une petite dame énergique qui s'affairait et  qui vendait de tout, toujours présente, avec sa cuisine accolée au magasin.

La ferme et le magasin MURY au bout de la place, où j'allais chercher le lait tout les soirs avec mon sou et ma berthe à lait, à une époque où les enfants de moins de 10 ans pouvaient encore traverser un village en toute sécurité... [c'était dans la rue Thomas, et nous aussi - les enfants - nous allions chercher le lait]

Le berthe à lait est le bidon à lait, c'est un mot du dialecte lyonnais (remonte au XIXe siècle et vient peut-être du prénom)

Le berthe à lait est le bidon à lait, c'est un mot du dialecte lyonnais (remonte au XIXe siècle et vient peut-être du prénom)

Madame SCAVARDA (???), la Presse, où nous achetions le "Progrès" et "Nous Deux"; les lunettes sur le bout du nez, cachée derrière sa table encombrée de piles de journaux [Léon PRIMAUT en prit la succession]. C'était en allant vers le garage CAILLAT où mon grand-père faisait réparer sa moto "Monet Goyon" et mon père sa "Peugeot 201".

Madame DEIRO, le Cinéma où nous allions quelques fois l'hiver en fonction de nos petits moyens !! [le cinoche de "La Dernière Séance" - Eddy Mitchell -, où j'allais régulièrement, le samedi soir avec mes parents, et le lendemain dimanche après-midi - je revoyais le même film - avec ma grand-mère, copine avec la mère Deiro ; à la sortie, toutes deux jasaient sur le tout Feyzin pendant des heures... Enfin, j'exagère, mais ça durait, ça durait, et je m'ennuyais ferme. Le ciné était tenu fermement par la mère de mon oncle Perret, elle engueulait les jeunes qui hurlaient quand le film cassait... Il y avait à gauche un vieux poêle d'antan qui rougeoyait l'hiver, et quand il faisait trop froid, les jeunes cassaient les sièges à bascule - disait-on -, et s'en servaient de combustible pour le poêle... C'est Serge SPECTY, le mari de ma cousine Simone, qui tint le commerce qui avait déménagé - sans le poêle - de la place Claudius-Béry à la rue des Razes, à côté du café-hôtel Perret]

Monsieur et Madame RENAUD, la boucherie-charcuterie pour les bons produits du coin...

Madame  ROLAND, l'épicerie, dont le fils était avec nous à l'école [je me souviens qu'on le surnommait Nénette, pourquoi ? Le savions-nous nous-mêmes ?...]

Le tabac [tenu par M. et Mme KOPP, je crois, leurs fils étaient des copains] où j'allais chercher à vélo des Gauloises Vertes pour mon grand-père, avec comme récompense un Malabar à 10 centimes, coupé en deux pour faire deux fois !

Monsieur CHAMONTIN [Daniel] pour les pièces de vélo.

Madame GUIGUE, la boulangerie en montant vers la Nationale [route Nationale n° 7, à l'époque], après la côte que nous montions pour aller à l'école [Ah, la côte de l'Eglise, combien de fois l'avons-nous montée et descendue ? Moi j'adorais en plein hiver, quand la neige ou le verglas la revêtaient, nous faisions, surtout dans le sens de la descente, des glissades de délire...].

La pharmacie [tenue, après une dame dont j'avais peur, qu'on appelait l'Henriette (Cannelle était son nom), par les soeurs GRUMACH] avec la grosse balance blanche sur laquelle on se pesait chaque fois !!

Le magasin de vêtements BARNOIN, avec sa camionnette Peugeot D3 qui attirait déjà mon attention (adepte des anciennes mécaniques...)

Monsieur et Madame ROUX  la quincaillerie ; ce n'était pas comme le grands magasins de bricolage, mais il y avait des trésors dans ce magasin, et le hangar se trouvait au fond de la cour.

 

la quincaillerie d'autrefois, oui je suis d'accord, il y avait des trésors là-dedans...

la quincaillerie d'autrefois, oui je suis d'accord, il y avait des trésors là-dedans...

Monsieur et Madame BERTIN, l'Alimentation générale, face à la bascule, un magasin étroit, encombré, mais sûrement incontournable pour nos parents.

 

Commerçants (suite)

Et plus près de la rue Fine :

Madame MICHELET  (la Charlotte pour les voisins) l'épicerie  "Au Cep Vermeil", où nous allions chercher les produits, et les parents passaient régler périodiquement.

retour à l'affiche déjà publiée ("Le Temps des Réclames")

retour à l'affiche déjà publiée ("Le Temps des Réclames")

Monsieur BLANC le cordonnier, en face de mes grand-parents.

La Famille MONNERY, marchands de charbon et BTP Rue Fine avec ses gros camions Berliet GLR et sa pelle GMC qui me faisaient rêver...

Comme si c'était hier ...!!"

Grand merci à Gérard pour ce message plein de souvenirs ! Nostalgie, oui, mais surtout nous racontons le passé aussi aux nouvelles générations, pour un Feyzin qu'ils n'ont pas connu...

Merci pour vos commentaires ou témoignages !

 

Commerçants (suite)
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Commerçants

Publié le par Oxymore

C. L., notre passionné du Feyzin d'avant, nous a envoyé le message suivant :

"La rencontre de foot pour la coupe de France 5e tour FCBE contre Montélimar dans les années 6... a été sponsorisée par les commercants et entreprises de Feyzin. La liste est assez intéressante. Où est notre Feyzin ??"

Et il a joint les documents suivants :

Commerçants
Commerçants

Ce qui m'a donné l'idée de parler (encore) des commerçants de Feyzin dans les années 1960-1980. 

Je rassemble donc certains de mes souvenirs pour évoquer ce vivant microcosme du commerce d'avant à Feyzin.

Dans le désordre : 

- Gaujard, bien sûr, avec les célèbres belles roses de Feyzin (déjà évoquées dans ce blog)

- Marcel Ramillier, notre maire de ces années-là, qui exerçait le commerce du bois (RN 7)

- Yvette Orard, soeur d'Angèle (maire, qui succéda à Jacques Chaîne), vendait des roses à La Bégude

- quelques conseillers municipaux, parmi lesquels Louis Caillat (station-service près le la Grande Serve), Daniel Chamontin, en face de chez nous, aux Razes, avec son commerce de cyles et motocycles (c'est là que se fournissaient les propriétaires de vélomoteurs pour le "mélange" (carburant), Jacques Geoffroy, le coiffeur sur la place des Razes (Coiffure Jacques et Renée) et d'autres peut-être...

- Jean Aslanian, le chausseur à côté du coiffeur, avec sa belle moustache, sans oublier dans le même secteur Léon Primaut (librairie), Georges Sublet après la rue Thomas (camping et caravaning)

- aux Razes (mais j'en ai parlé dans l'article du 29 octobre 2019), Georges Lescot (électricité), le boucher Civard, le café Maurice et en face le bar et l'hôtel Perret, où mon oncle et ma tante et mes cousin et cousines travaillaient avec leurs conjoints (café, PMU, gestion hôtel), la mercerie Barnoin, la boulangerie Fanjat (ah, la belle et blonde Madame Fanjat... certains devaient apprécier les miches de la boulangère...), Jean Curty (combustibles et transports)

- et d'autres encore, le bar Callamard, à la Bégude, Pierre Perret (mais oui !) pour l'électroménager et la télévision, sur la RN 7, Peyre (épicerie) rue du Dauphiné, le café-restaurant Biétrix, tout près, Laurencin (traiteur), sans oublier Gérard Rouet (plâtrerie-peinture), la station-service Perret prèsde la raffinerie (où j'ai travaillé quelques étés), Trindel, Cervantès, Vernay, Jourdan, Robert Sublet (produits agricoles) rue Thomas, et tous ceux que j'oublie ou que j'ai déjà évoqués ici (voir, outre l'article d'octobre 2019, ceux d'avril 2022, août 2009 et octobre 2018)

Eh oui, tout cela a disparu assez rapidement. En 1966 déjà, ouvrait l'hypermarché Carrefour à Vénissieux (qui fut le plus grand d'Europe, peut-on lire sur internet). Ces nouveaux modes de distribution ont peu à peu tué le petit commerce, si vivant pourtant ces années-là... Nous l'avons déjà déploré ici.

Aux Razes, voici ce qu'on nous propose maintenant :

photos Marie-Paule Boria, 2023
photos Marie-Paule Boria, 2023

photos Marie-Paule Boria, 2023

Et ce n'est pas fini. Je me demande combien de temps tiendra la maison familiale dans le quartier...

Et puis, pour clore ce chapitre : qui a gagné la coupe de France FCBE 5e tour, Feyzin ou Montélimar ? et en quelle année exactement ? J'ai posé les questions sur le site du FCBE (https://feyzincbe.footeo.com)

Sans quitter vraiment le commerce : cette photo de Maurice Ramière, qui a régalé nombre de Feyzinois avec sa délicieuse cuisine (merci à mon ami Daniel, son fils, qui m'a autorisé à publier ce cliché)

Maurice, à gauche

Maurice, à gauche

Pour finir, je fais toujours un petit tour sur le site "Le temps des réclames" (https://publicite-francaise.tumblr.com) ; visitez, visitez !

Crédit Lyonnais, 3e Emprunt de la Défense Nationale, par Abel Faivre, 1917

Crédit Lyonnais, 3e Emprunt de la Défense Nationale, par Abel Faivre, 1917

Macaroni aux œufs Rivoire & Carret, Lyon

Macaroni aux œufs Rivoire & Carret, Lyon

Commerçants
Commerçants
Teppaz Lyon, 1961 (1955 pour la seconde affiche)
Teppaz Lyon, 1961 (1955 pour la seconde affiche)

Teppaz Lyon, 1961 (1955 pour la seconde affiche)

Affiche du Grand Bazar de Lyon, 1891
Affiche du Grand Bazar de Lyon, 1891

Affiche du Grand Bazar de Lyon, 1891

Et ma petite touche de pub personnelle (il n'y a pas de raison, mon article est déjà truffé de pubs offertes par mon hébergeur) :

 

Commerçants

(merci à Marie-Paule pour ses corrections...)

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Photos d'autrefois, petite histoire locale

Publié le par Oxymore

Alors aujourd'hui, je vais tenter de rattraper mon (gros) retard. Quand je vois sur mon PC tous ces documents archivés, cela me turlupine (1) ... Car mes correspondants fidèles continuent de m'envoyer des documents, et j'avoue que j'ai un peu procrastiné pour les partager sur mon blog...

(1) Au fait, pourquoi dit-on "turlupiner" ? L'origine nous est donnée par le moteur de recherche : "(1615) Du nom de Turlupin (Henri Legrand, aussi dit Belleville), comédien français ; on appela péjorativement turlupinades les lazzis des acteurs jouant un peu dans son style : méchantes pointes, jeux de mots et équivoques faciles."

Photos d'autrefois, petite histoire locale

C.L., inlassable chineur, m'avait envoyé les photos qui suivent ; alors, dans l'ordre :

1) les rosiéristes :

Photos d'autrefois, petite histoire locale

Trouvaille de février 2025, un livre intitulé "Créateurs de roses, A la conquête des marchés" (1820-1939), ouvrage de 900 pages, très documenté, avec photos ; on y trouve l'histoire de l'arrivée des roses à Feyzin, avec de façon incontournable les noms de ORARD, GAUJARD (entre autres) ; en lisant le message de C.L., Dominique Bailly a écrit : "Si je ne fais pas d'erreur, celui qui est en costume clair au centre de la seconde rangée est Gaujard. Y aurait-il d'autres rosiéristes feyzinois sur cette photo ?" Question restée (provisoirement ?) sans réponse.

Feyzin fut aussi célèbre pour ses roses, avec de belles créations : Orard (voir site internet https://roses-orard-creations.com/) et Gaujard (voir article du Progrès sur internet https://www.leprogres.fr/economie/2025/04/11/rosieristes-gaujard-leurs-fleurs-sont-connues-dans-le-monde-entier)

J'avais déjà écrit dans ce blog que, résidant à Feyzin rue des Razes, ma famille recevait du courrier avec l'indication "rue des Roses" !

 

Variété Priory Dawn (Orard)

Variété Priory Dawn (Orard)

2) Le Fort de Feyzin :

Encore grâce à C. L., de belles photos de militaires au Fort (début du 20e siècle) :

(il s'agit bien d'une photo, sur le verso, on lit "carte postale", mais c'était, pourrait-on dire, une inscription standard lors de l'édition)
(il s'agit bien d'une photo, sur le verso, on lit "carte postale", mais c'était, pourrait-on dire, une inscription standard lors de l'édition)

(il s'agit bien d'une photo, sur le verso, on lit "carte postale", mais c'était, pourrait-on dire, une inscription standard lors de l'édition)

Trouvaille d'avril 2025 ; C. écrit la date très précise : 20 avril 1915 (110 ans auparavant !) mentionnée au verso sur la correspondance, et ajoute en commentaire : "Prêts pour l'exercice ?"

 

Et d'autres photos encore, au Fort :

Date : 16 décembre 1914, soit 5 mois après le début de la "Grande Guerre"
Date : 16 décembre 1914, soit 5 mois après le début de la "Grande Guerre"

Date : 16 décembre 1914, soit 5 mois après le début de la "Grande Guerre"

Et au passage, retrouvée par C. L. dans ses archives, une page du Journal officiel de Vienne de 1875 avec la liste des propriétaires concernés par l'expropriation de leurs terrains, en vue de la contruction du Fort. Cette page lui avait été transmise par Marie-Paule Boria (avec ses annotations)

 

Bien difficile à lire... mais c'est pour la valeur historique !

Bien difficile à lire... mais c'est pour la valeur historique !

3) Une photo datant de 1933 (ou 1932 ?)

Photos d'autrefois, petite histoire locale

Peut-être 1932, car en agrandissant la photo, on voit l'affiche qui indique la date de ce "concert" (mais cela ne prouve rien).

Photos d'autrefois, petite histoire locale

Et puis cette photo, avec défaut de netteté, que m'a remis ma soeur, avec ses annotations de noms (là, pas besoin de chercher, semble-t-il). Ce cliché a peut-être été pris au Cercle de Feyzin.

Photos d'autrefois, petite histoire locale
Photos d'autrefois, petite histoire locale

D'autres photos, qui traînaient dans mes archives (désolé, je ne sais plus qui me les a envoyées...) ; ce sont des photos de footballeurs feyzinois (dates ?)

Photos d'autrefois, petite histoire locale
Photos d'autrefois, petite histoire locale

Une photo, prise à Feyzin, signalée par Dominique Bailly, vue sur Ebay :

Photos d'autrefois, petite histoire locale

Et puis, vous rappelez-vous de ces deux photos de "classards", exhumées par C. L., parues dans mon blog (voir article du 10 mars 2024, "Classards, années 30") ? 

Pour la commodité, je remets ici les deux photos
Pour la commodité, je remets ici les deux photos

Pour la commodité, je remets ici les deux photos

On suggérait le petit jeu des noms. Eh bien Dominique Bailly a joué. Voici ce qu'il écrit : 

"Classards de 1929 ; nés en 1929, qui ne sont pas décédés en bas âge : Pierre Athanaze, Marcel Bailly, Joseph Bret, Georges Chatard, Henri Favrichon, Marcel Granger, Antoine Hurtier, Claude Luizet, Jean Perrin, André Pignol, Antoine Poulet, Adolphe Pourreaux, Jean Prat, Louis Vacalut, Gabriel Vacher. Plus de noms que de personnes sur la photo. Mon père n'a reconnu personne. Photo du bas : le seul qu'il a reconnu est le garde champêtre (celui avec la casquette) Tessier."

Enfin, pour la petite histoire, C. L. demandait dans un mail : "Avez-vous eu connaissance de la famille Fumeux à Feyzin, en particulier Germaine Fumeux ?" Et l'historien Dominique répondait : "Famille Fumeux, ils possédaient des terres agricoles et une maison à Feyzin (où se trouvait l'agence postale aux Razes). Quand la dernière de la famille s'est éteinte sans descendant, elle a légué ses biens à la Mairie. Le prénom ne me dit rien."

 

Photos d'autrefois, petite histoire locale

Refermons ce petit condensé d'histoire locale. Merci à tous nos contributeurs pour les photos et commentaires !

 

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Cartes postales

Publié le par Oxymore

Deux reproductions de CPA (cartes postales anciennes) de communes voisines, des années 1900 :

Solaize (avec un "s", comme Feyzin/Feysin) autrefois

Solaize (avec un "s", comme Feyzin/Feysin) autrefois

Ternay

Ternay

(reproductions sur support publicitaire)

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Au Fort de Feyzin

Publié le par Oxymore

Dernièrement je me suis rendu au Fort de Feyzin, nouvelle petite balade, et... restaurant.

Les coquelicots du Fort

Les coquelicots du Fort

Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
La belle entrée du Fort

La belle entrée du Fort

La petite ferme après l'entrée

La petite ferme après l'entrée

Au Fort de FeyzinAu Fort de FeyzinAu Fort de Feyzin
"Tite Fleur"
"Tite Fleur"

"Tite Fleur"

Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin

Le Fort de Feyzin a été rendu à ses habitants. Autrefois, cet édifice militaire était caché dans les bois, et bien sûr interdit d'accès au public. A l'école primaire, en instruction civique, les maîtres et maîtresses nous en parlaient, on pouvait même voir sur les illustrations proposées l'emplacement et le plan du Fort. Mais une fois dehors, c'était un vrai mystère pour les gosses que nous étions...

Aujourd'hui, le Fort est un site naturel très prisé des Feyzinois, petits et grands. Fermette, poneys et petite équitation, salles dédiées (dont une pour le Patrimoine de Feyzin), activités culturelles et de loisirs, et j'en passe. Et depuis peu, un restaurant.

Brochure explicative disponible à votre arrivée

Brochure explicative disponible à votre arrivée

Programme d'activités pour 2025

Programme d'activités pour 2025

On parle aussi des "Grandes Terres" voisines :

Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin

En quittant le Fort, on peut arriver sur le complexe du Tennis de Feyzin...

Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin

... Et l'incontournable Château de la Bégude :

Vue arrière - Activité d'escalade
Vue arrière - Activité d'escalade

Vue arrière - Activité d'escalade

Donc ce nouveau restaurant, j'ai voulu voir (et goûter)

Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Seconde salle
Seconde salle

Seconde salle

La cave à vins
La cave à vins

La cave à vins

Et une décoration vintage !

Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Un juke-box comme autrefois chez ma tante Dina, au café Perret
Un juke-box comme autrefois chez ma tante Dina, au café Perret
Un juke-box comme autrefois chez ma tante Dina, au café Perret

Un juke-box comme autrefois chez ma tante Dina, au café Perret

Même le cinéma est évoqué (d'où viennent ces sièges ? Du ciné Deiro ?)
Même le cinéma est évoqué (d'où viennent ces sièges ? Du ciné Deiro ?)

Même le cinéma est évoqué (d'où viennent ces sièges ? Du ciné Deiro ?)

Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Le Guignol de Lyon
Le Guignol de Lyon

Le Guignol de Lyon

Et beaucoup d'humour !

Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin

Hamumshahe, Serge et Alexandre vous accueillent !

Au Fort de Feyzin
Au Fort de Feyzin

Si vous le souhaitez, vous pouvez participer à la suite de la restauration du Fort de Feyzin (dons déductibles des impôts)

Au Fort de Feyzin

Merci au personnel du restaurant de m'avoir autorisé à prendre et publier des photos

Restaurant Ō Fort, 04 81 91 05 20, 1 allée Séré de Rivière 69320 Feyzin

Contact@ofort.fr    

www.ofoart.fr

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Notre instit'

Publié le par Oxymore

Gérard, un voisin et ami d'enfance (et lecteur assidu), m'informe du décès de Robert Mussano, notre instituteur de CM1 et CM2 à Feyzin (école du Plateau) dans les années 1960. Il est décédé à l'âge honorable de près de 100 ans.

En fait, après vérification sur internet, j'ai relevé que Robert Mussano a quitté ce monde le 11 août 2024.

Monsieur Mussano, comme on avait l'habitude de l'appeler, a enseigné le français, les maths, l'histoire-géo et les sciences à des générations de garçons feyzinois comme moi, avec des moyens qui ne disaient pas (du moins pour nous) leur nom, les méthodes Freinet. Et puis l'éducation civique ! Et nous commencions la journée avec la leçon de morale, M. Mussano écrivait sur le tableau noir, de sa belle écriture, une phrase qui allait illustrer son propos... J'aimais sa voix, sa patience, et la variété de ce qu'il nous faisait découvrir. Inutile de vous dire que ce furent-là les plus belles années de mon école primaire.

Nore instituteur avait deux fils, Jean-Paul et Bernard. J'ai passé mes années d'adolescence avec Bernard, qui avait peut-être deux ans de moins que moi, jusqu'à ce que les études et la vie active nous séparent.

Si vous êtes lecteurs assidus de ce blog, vous avez peut-être pu voir de furtives images de M. Mussano, grâce aux petits films 8 mm de Pierre Vireton, que m'avait envoyés Marie-Paule (sa fille), vidéos numérisées publiées ici en 2009 (voir article du 10 avril 2009,  la kermesse du Château). On y voit donc notre instit' , qui était une figure locale (mais toujours discret, et modeste), participer aux jeux de la kermesse du Château des Soeurs, filmée par Pierre. Extrait :

 

 

[ATTENTION ! Je profite de cet insert pour rappeler que le présent blog est protégé par des droits d'auteur : tout ce qui est publié, textes, photos, vidéos (hormis ce qui est du domaine public, citations et références internet) ne peut être copié et/ou publié sans mon autorisation ; de très nombeux documents, comme celui-ci, ont des droits réservés]

Condoléances à la famille.

 

Feyzin-Europe rendra hommage à Robert Mussano lors de la 42e édition de la Fête de l'Europe , samedi 17 mai à 10h30 Parc de l'Europe; en présence de son fils Jean-Paul, avec remise du Prix du Citoyen Georges Saunier à titre posthume; programme de la manifestation sur demande feeurope@gmail.com; comptant sur votre présence, amitiés du Bureau collégial

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Leu Matafans della Madeleina (Les Matefaims de la Madeleine)

Publié le par Oxymore

Leu Matafans della Madeleina (Les Matefaims de la Madeleine)

Dominique m'a envoyé une histoire régionale truculente, que je vous dévoile ci-dessous :

LEU MATAFANS DELLA MADELEINA

Texte en patois couché sur le papier par un certain Jean de Venici (Vénissieux)  qui se qualifiait de « Dophino qu’ê devenu lyonnais » et paru dans Le Dauphiné, courrier des eaux thermales de la région, du 20 mai 1900.

C’est un récit facétieux, dont la chute sert de petit règlement de compte envers les Saint-Foniards [habitants de Saint-Fons], lesquels en faisant sécession en 1888, emmenèrent avec eux quasiment toute l’industrie vénissiane. La chute finale dénonce la pollution industrielle, qui sévissait déjà il y a 125 ans…

On y relève la traduction en patois de Feyzin (*).

 

     La Madeleina étiait una brova fena que demorovo dien lo quarti della Borella, à Venici. On jo, que deu venovo dou village de fére una commichon, la Madeleina m’appelovo, alle étiait apré fére deu matafans.

— Jean, qu’alle dige, vins migi on matafan.

— Mé, deu n’é po fan; deu vo remarciye bien, Madeleina.

— Migi donc ; n’en vetiait yon qu’é bien rossi.

Tandis qu’alle me parlovo, lo chin dou vasin Payeu étiait entro dien la mason et tornovo outeu dou pot d’pota. To per on coup, ou levovo la patta et ma fa, vo devino bin ce qu’ou fit.

— Madeleina, Madeleina, aviso donc cetti chin ; que té qu’ou vint de fére ?

— Canali de chin, vous-tu t’en allo, que criovo la Madeleina. Et alle li balivo on grand coup de pi.

Ah bin ! Yorandra, ma poura Madeleina, voutra pota y et preduè.   

— Preduè !  teu plaisantes, Jean.

Et la vetiait que se mettovo à brosso sa pota et à fére deu matafans comme si de rien n’étiait. Sur ces entrefétes, la Clémentina Grognié vint à passo.

— Clémentina, vins donc migi on matafan.

— Deu n’é po fan, Madeleina. Gramaci.

— Teu me remarcierés apré. Tins, n’en vetiait on joli.

Et la Clémentina mijovo son matafan.

Dopé lontin, la poura pitita aye una maladie de langueu. La bila l’atoffovo; alle ne poje po vomi et teu leu vomitis que li bolivo lo médecin Cartié ne fajant rien.

A peina aye té migè on morcho de matafan della Madeleina, que la poura Clémentina se mettevo à vomi oh mé, à vomi tripes et boyaux.

Quand alle fu debarrochai, alle fuyovo vo sa more ; alle étiait si continta qu’alle ne se tenovo plus de joie.

— More, more, qu’alle criovo; d’é vomi. La Madeleina m’a guarie. Deu ne soffre plus.

Lo bruit se repindit vito dien lo payi della balla guarison qu’aye féti la Madeleina, si bien qu’on vieu monchu bien richo, que s’appelova monchu Fropo et qu’étiait to lo contruiro de la Clémentina se dige : « Si leu matafans della Madeleina ont débarrachai la Clémentina pe davant, i me débarrassiront peut-être bin de l’autre flanc. »

Et lo vetiait que baillo on coup de pi vo la Madeleina.

— Madeleina, vito on matafan; faut que d’essaye.

 

Lo résultat ne fu po long. Lo matafan étiait to justo fini que son vintro se mettovo à gargolli tant et si bien que monchu Fropo criovo : « Madeleina, ouvri ta porta que d’aille su ton fumi. »

Et de fait, cetti monchu fu débarrachai pe lontin.

Vo pinso bin que to lo monde à Venici et oux environs qu’ayont besoin d’étro débarrachai pe on flanc ou pe l’autre, allovont migi deu matafans vo la Madeleina que n’abondovo po d’en fére. To Venici, to SanPri, Fazin (*), Corbo, etc., etc., ne parlovont que deu matafans della Madeleina.

Et vetiait commint lo médecin et lo pharmachin quittovont Venici où to lo monde se portovo bien, gràci aux matafans della Madeleina, pe allo à St-Fons payi de bocons où to lo mondo yet empoisuno pe les usines.

Usines de Saint-Gobain (aujourd'hui Rhodiaceta) à Saint-Fons, années 1930

Usines de Saint-Gobain (aujourd'hui Rhodiaceta) à Saint-Fons, années 1930

Traduction en français faite par deux Feyzinois en 2024 :

 

Les matefaims de la Madeleine, par Jean de Vénissieux.

 

     La Madeleine était une brave femme qui demeurait dans le quartier de la Borelle à Vénissieux.

Un jour que je venais de faire une commission au village, la Madeleine m’appelle, elle était en train de faire des matefaims.

-  Jean, qu’elle dit, viens manger un matefaim.

-  Mais, je n’ai pas faim. Je vous remercie bien Madeleine.

-  Mange donc, en voilà un qui est bien doré.

Tandis qu’elle me parlait, le chien du voisin Payet était entré dans la maison et tournait autour du pot de pâte. Tout d’un coup, il leva la patte, et me fit… Vous devinez bien ce qu’il fit !

-  Madeleine, Madeleine, regarde donc ce chien ; qu’est-ce qu’il vient de faire ?

-  Canaille de chien, veux-tu t’en aller ! cria la Madeleine, et elle lui donna un grand coup de pied.

-  Eh bien ! Maintenant ma pauvre Madeleine votre pâte est perdue.

-  Perdue, tu plaisantes, Jean.

Et la voilà qui se met à brasser sa pâte et à faire des matefaims comme si de rien n’était. Sur ces entrefaites, la Clémentine Grognier vient à passer.

-  Clémentine, viens donc manger un matefaim.

-  Je n’ai pas faim Madeleine, Merci beaucoup.

-  Tu me remercieras après, tiens en voilà un joli.

Et la Clémentine mange son matefaim. Depuis longtemps la pauvre petite avait une maladie de langue (maladie digestive). La bile l’étouffait. Elle ne pouvait pas vomir, et tous les vomitifs que lui donnait le médecin Cartier ne faisaient rien. A peine a-t-elle mangé un morceau de matefaim de la Madeleine que la pauvre Clémentine se met à vomir, oh mais à vomir tripes et boyaux. Quand elle fut débarrassée, elle s’enfuit vers sa mère. Elle était si contente qu’elle ne se tenait plus de joie. « Mère, mère qu’elle criait, j’ai vomi. La Madeleine m’a guérie. Je ne souffre plus. »

Le bruit se répandit vite dans le pays de la belle guérison qu’avait fait la Madeleine. Si bien qu’un vieux Monsieur bien riche qui s’appelait Monsieur Frappat (nom de famille issu de l’ancien français frape ; surnom donné à un homme rusé) et qui était tout le contraire de la Clémentine se dit : Si les matefaims de la Madeleine ont débarrassé la Clémentine par devant, ils me débarrasseront peut-être bien de l’autre côté. Et le voilà qui donne un coup de pied vers la Madeleine.

-  Madeleine, vite un matefaim, faut que j’essaye.

Le résultat fut rapide. Le matefaim était tout juste fini que son ventre se mit à gargouiller tant et si bien que Monsieur Frappat cria :

-  Madeleine, ouvre ta porte, que j’aille sur ton fumier !

Et de fait le Monsieur fut débarrassé pour longtemps. Vous pensez bien que tout le monde à Vénissieux et aux environs qui avait besoin d’être débarrassé d’un côté ou de l’autre, allait manger des matefaims vers la Madeleine qui n’arrivait pas à abonder. [’abonder’ en lyonnais signifie ‘avoir une activité débordante’, cf Dictionnaire des régionalisme de France]

Tout Vénissieux, tout Saint-Priest, Feyzin, Corbas, etc., etc., ne parlait que des matefaims de la Madeleine. Et voilà comment le médecin et le pharmacien quittèrent Vénissieux où tout le monde se portait bien grâce aux matefaims de la Madeleine, pour aller à Saint-Fons, pays de poisons, où tout le monde est empoisonné par les usines.

Dominique Bailly

 

Vénissieux d'autrefois

Vénissieux d'autrefois

Saint-Priest d'autrefois

Saint-Priest d'autrefois

Corbas d'autrefois

Corbas d'autrefois

Saint-Fons d'autrefois

Saint-Fons d'autrefois

Les matefaims, qu'en dit Wikipédia ?

« Le matafan, ou matefaim, est une ancienne recette paysanne que l'on retrouve sur l'ensemble du territoire de locution du francoprovençal, aussi bien dans le Dauphiné que dans le Forez ou en Bresse et en Savoie. Le terme désigne actuellement tantôt un type de galette tantôt un type de crêpe.

La recette contemporaine classique est celle d'une galette de pommes de terre. Celle-ci était préparée par les paysans, et mangée tôt le matin, pour leur permettre de tenir jusqu'au repas lors des travaux des champs. (…) Ensuite, le matafan a évolué : la galette est devenue une crêpe salée épaisse, élaborée avec de la farine, des œufs, de l'eau, et en options des pommes de terre écrasées et du fromage. Aujourd'hui, on la trouve toujours couramment en accompagnement d'autres mets.

Cependant, la recette a aussi été adaptée en version sucrée, en remplaçant les pommes de terre par des pommes — de préférence des reinettes —, et en enrichissant la pâte avec du lait, du sucre, de la levure et du sucre vanillé, ce qui la rapproche d'une classique pâte à crêpe. Ce matefaim est servi traditionnellement en famille pour la Chandeleur. Pour la différencier, le contenu d'un petit verre de génépi des montagnes peut y être ajouté. »

Matefaim lyonnais

Matefaim lyonnais

Et si faire de la pâtisserie vous tente, vous pouvez vous référer à L'Atelier des Chefs, pour réaliser un matefaim lyonnais aux pommes !

https://www.atelierdeschefs.fr/recettes/31966/matefaim-lyonnais-aux-pommes/

 

Remerciements à Dominique Bailly ; tous documents d'illustration de cet article : web

Leu Matafans della Madeleina (Les Matefaims de la Madeleine)

Quelques publicités d'autrefois sur Lyon :

Bal des Étudiants, Œuvre de bienfaisance au profit des pauvres de Lyon, salle Rameau. Par Didier, 1909

Bal des Étudiants, Œuvre de bienfaisance au profit des pauvres de Lyon, salle Rameau. Par Didier, 1909

Brassière Voyage A. Bastet, Lyon, par Eugène Ogé, 1912

Brassière Voyage A. Bastet, Lyon, par Eugène Ogé, 1912

Grand Bazar de Lyon, Etrennes, Exposition de jouets, par Nicolas Tamagno, 1900.

Grand Bazar de Lyon, Etrennes, Exposition de jouets, par Nicolas Tamagno, 1900.

À Lyon, les grands travaux d’assainissement et d’urbanisme sous le second Empire sont un terreau propice à l’ouverture de grands magasins. Inauguré le 8 novembre 1886, le Grand Bazar, deuxième magasin ouvert à Lyon par l’entrepreneur Henry Perrot est emblématique de ces nouveaux modes de consommation qui s’adressent à une clientèle élargie et apportent un soin particulier à la satisfaction des consommateurs.
Relayés par la presse, grâce à des réclames et dans la rue par des affiches publicitaires aux couleurs chatoyantes, les grands magasins établissent les bases d’un nouveau modèle économique en proposant une très large gamme d’articles sans obligation d’achat, avec des prix bas et fixes, sans oublier des promotions régulières.

(Le Temps des Réclames)

Visitez cet excellent site internet "Le Temps des Réclames", vous y trouverez de magnifiques et rares reproductions de publicités anciennes : 

https://publicite-francaise.tumblr.com/

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